Vandenbroucke n'est plus
Enfant terrible du cyclisme belge, mais aussi star des pelotons dans les années 90, Frank Vandenbroucke est décédé lundi soir à l'âge de 34 ans. Le Belge, notamment vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 1999, aurait succombé à une embolie pulmonaire dans une chambre d'hôtel au Sénégal. Dépressif depuis de nombreuses années, le Wallon avait annoncé dernièrement qu'il voulait recourir pour laver son honneur.
Vandenbroucke a été retrouvé inconscient dans un hôtel. (Reuters)
Alors qu'il avait annoncé ces derniers jours dans la presse qu'il souhaitait poursuivre une carrière qui depuis des années n'en a plus que le nom, Frank Vandenbroucke a été retrouvé inanimé lundi soir dans une chambre d'hôtel au Sénégal où il passait ses vacances. Le Belge, qui devait fêter ses 35 ans dans trois semaines, aurait succombé selon les premières informations relayées par la RTBF à une embolie pulmonaire. Une disparition aussi mystérieuse que les dernières années de la vie d'un coureur qui aura atteint les sommets dans les années 90 avant de connaître une véritable descente aux enfers.
Neveu de l'ancien coureur professionnel et directeur sportif Jean-Luc Vandenbroucke, le Wallon brille assez vite dans les catégories de jeunes avant de devenir un excellent coureur de classiques. Son principal fait d'armes restera sa victoire dans Liège-Bastogne-Liège en 1999, un succès qui sera vite terni par les affaires de dopage. La même année, le natif de Mouscron, suspecté d'entretenir des relations avec le sulfureux docteur Bernard Sainz, est suspendu plusieurs semaines par son équipe Cofidis. Trois ans plus tard, alors que ses performances sont déjà en baisse, plusieurs produits dopants, parmi lesquels de l'EPO et de la morphine, sont retrouvés à son domicile. Pour se défendre, le Belge prétend que certains d'entre eux étaient destinés à son chien.
Dépressif, alcoolique et suicidaire
Sombrant dans la dépression, sujet à des problèmes liés à l'alcool et à la drogue, l'ancien champion, papa de deux filles, tentera à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours, la première fois en mélangeant de l'insuline dans un Château Pétrus 1961, avait-il rapporté dans son autobiographie Je ne suis pas Dieu. Mieux dans sa peau selon ses dires depuis quelques mois, Vandenbroucke continuait néanmoins d'alimenter la rubrique des faits divers en étant notamment mêlé à plusieurs accidents de la circulation. Engagé la saison passée au sein de la modeste équipe Cinelli-Down Under qui ne le payait plus en raison de ses frasques, il avait laissé penser qu'il mettrait un terme à sa carrière en cette fin d'année. Avant d'annoncer au début du mois dans la Gazet van Antwerpen qu'il souhaitait laver son honneur.
"Je traîne la réputation d'un coureur dopé, mais ce n'est pas le cas", osait-il alors. Déterminé à retrouver un bon niveau, il venait même de s'attacher les services d'Aldo Sassi, médecin et entraîneur de Cadel Evans et d'Ivan Basso notamment. "[Il] va travailler avec moi à partir de maintenant. Il effectuera régulièrement des analyses sanguines et les publiera sur internet." Une idée qui restera sans suite.
Le 12/10/2009 à 23:02 De Newsweb